Le Coran de poche crime ou délit ?

Le Coran en livre de poche, tombe-t-il sous le coup de la Loi?

La réédition en livre de poche ne constitue pas un événement littéraire, pas plus d’ailleurs que la publication d’une nouvelle traduction d’un livre religieux de référence ou d’une secte. Par contre ne constitue-t-elle pas une provocation si elle appelle délibérément au meurtre ou au racisme, comme le fait le «Coran en livre de poche» publié par M. Malek Chebel (*), rejoignant en cela d’autres traductions du Coran en vente libre?

Certes l’auteur s’efforce, c’est son objectif, de présenter le Coran sous un jour suffisamment aimable pour séduire ou tout au moins endormir les craintes du lecteur occidental. Mais sur le fond, il ne parvient pas à masquer la violence de l’expression de nombreux versets ; retenons quatre exemples visant les « non croyants » , (le premier chiffre renvoie au numéro de la sourate, le deuxième au verset):

2:191 …tuez-les, partout où vous les rencontrerez ; …

4:89 …s’ils font marche arrière, saisissez vous d’eux où qu’ils soient et tuez les .

47:4 Si vous rencontrez les infidèles, frappez les au cou jusqu’à les terrasser.

5:60 … ceux qu’Allah a maudits et contre lesquels il s’est courroucé en les transformant en singes et en porcs pour avoir adoré l’idole…

( Selon la tradition, ce dernier verset viserait les juifs).

Beaucoup d’autres versets, non cités ici, appellent à la violence, mais M. Chebel pouvait-il expurger le Coran ?

Pour rendre justice au traducteur, il faut lui accorder qu’à l’impossible nul n’est tenu : le Coran est ce qu’il est, il est immuable puisque dicté par Dieu, selon la tradition musulmane.

Cette traduction du Coran se voulait moderne, mais l’Œuvre de base étant figée depuis 1300 ans dans ses archaïsmes, la marge de manœuvre pour la «moderniser» en est extrêmement réduite, voire nulle.

D’ailleurs la menace est claire ; si M. Chebel s’avisait de changer le contenu, notamment d’expurger ce qui est scandaleux et inacceptable au regard de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, (ONU 1948), il se mettrait lui-même en péril de mort. Finalement le Coran de M. Chebel restera comme toutes les autres traductions : l’antithèse de la philosophie du Siècle des Lumières.

Le raisonnement de l’auteur reste enfermé dans le paradoxe de la divinisation des écrits qui justifie tout. Il eut été souhaitable qu’un minimum d’objectivité (mais est-ce possible ?) l’amène à regarder du côté des multiples études conduites par des universitaires indépendants et libres dans leur pensée.

En particulier vers les études récentes qui voient, en la version originale du Coran en arabe, langue écrite issue de l’araméen et de l’hébreu, un recueil de prêches et d’exhortations inspirées de la Bible et d’écrits judéo nazaréens. Ces études étayent notamment l’hypothèse que le Coran est le fruit d’une compilation réalisée par un ou plusieurs auteurs soucieux de convaincre les arabes du Hedjaz de se joindre pour conquérir Jérusalem. Ainsi, le Coran serait une œuvre strictement humaine.

Mais ce n’est pas tout car le Coran :

- nie, entre autres, toute liberté de religion, et ne considère qu’un monde bipolaire : les croyants musulmans et les non croyants. Les premiers assurés du Salut, les autres rejetés dans les flammes. Les premiers ayant pour mission de convertir ou de châtier les seconds.

- n’accepte pas l’équivalence des droits entre la femme et l’homme, même vis-à-vis des enfants.

- interdit toute liberté d’expression contraire aux dogmes établis une fois pour toutes il y a plus de 1300 ans.

- rejette toute évolution vers la laïcité et prône l’amalgame entre le politique et le religieux.

La liberté de pensée, parfois même remise en question aujourd’hui par des gouvernements occidentaux, est toujours ignorée par les gouvernements autocrates, islamiques ou non. Elle a été durement conquise  par nos ancêtres qui ont lutté contre l’inquisition, les dragons du Roi, les commissaires politiques, la botte fasciste, etc…

Elle cimente les peuples occidentaux.

Or la volonté d’hégémonie politico-religieuse de l’activisme islamique, chaque jour un peu plus évidente, mène à la pensée unique et à la haine raciale (le concept de racisme étant étendu à celui de sectarisme religieux) . Tout ceci est explicitement affirmé dans ce Coran de poche de 2009, comme dans toutes les éditions plus anciennes. La convergence de toutes les traductions dans ce sens ne laisse planer aucun doute.

En conclusion il serait souhaitable que des juristes évaluent si oui ou non la publication de plusieurs sourates du Coran en français, incitant à la haine, à la discrimination et au meurtre, constituent une infraction au sens de la loi française.

Peut-on retenir, entre autres, les articles 23 et 24 de la Loi de la République Française sur la provocation aux crimes et délits modifiée par Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 ? Cette Loi déclare passibles des sanctions énoncées par ailleurs « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

La législation sur les associations de malfaiteurs pourrait aussi offrir un champ de réflexion.

En cas de réponse positive, pourrait-on aussi porter plainte contre l’auteur et contre les éditeurs des Corans en français, qui bien que ne revendiquant pas forcément pour eux-même cette idéologie, la diffusent et , par là, contribuent à provoquer « la discrimination, la haine, la violence, etc. » ?

Enfin faudrait-il rendre hommage à M. Chebel pour le champ de recherche qu’il ouvre par cet essai d’adaptation du Coran au Monde Moderne et non le contraire, mais est-ce bien cela qu’il visait par cette publication?

(*) Le Coran de poche, Malek Chebel, librairie Arthème Fayard, 2009

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