Déclaration des droits de l’homme en Islam – Commentaires

1. Introduction à la Déclaration

1.1 Cette déclaration islamique présente plusieurs avantages:

  • C’est un texte jeune de trente ans dont la version française est claire.
  • Elle est dans le domaine public , vérifiable et accessible par tous ; une origine contrôlée au plus haut niveau islamique .
  • Elle est incontestablement l’œuvre d’hommes d’aujourd’hui. Elle ne peut donc être assimilée au Coran parole de Dieu aux dires des musulmans. Allah n’ayant eu aucune responsabilité directe dans l’élaboration de cette Déclaration, il n’y a donc pas de blasphème religieux face aux remarques qu’elle appelle.
  • Elle définit sans ambages ce que l’Islam veut appliquer à l’ensemble du monde.
  • Après sa lecture personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas que l’islam est une idéologie incompatible avec une démocratie laïque .

1.2 la Déclaration des Droits de l’homme en islam par l’Organisation de la conférence islamique,(devenue Organisation de la Coopération Islamique le 28 juin 2011), est l’expression des droits de l’homme selon le point de vue des 57 états musulmans ci-après :

Afghanistan · Albanie · Algérie · Arabie saoudite · Azerbaïdjan · Bahreïn · Bangladesh · Bénin · Brunei · Burkina Faso · Cameroun · Comores · Côte d’Ivoire · Djibouti · Égypte · Émirats arabes unis · Gabon · Gambie · Guinée · Guinée-Bissau · Guyana · Indonésie · Irak · Iran · Jordanie · Kazakhstan · Kirghizistan · Koweït · Liban · Libye · Malaisie · Maldives · Mali · Maroc · Mauritanie · Mozambique · Niger · Nigeria · Oman · Ouganda · Ouzbékistan · Pakistan · Palestine · Qatar · Sénégal · Sierra Leone · Somalie · Soudan · Suriname · Syrie · Tadjikistan · Tchad · Togo · Turkménistan · Tunisie · Turquie · Yémen

Fortement imprégnée par l’idéologie musulmane elle s’éloigne radicalement de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ratifiée par l’immense majorité des pays membre de l’ONU en 1948, même si sa facture se veut similaire.

Au sortir de la guerre 40, les membres de l’ONU souhaitaient conjurer le retour d’une barbarie qui avaient tué des millions d’hommes. C’est une des raisons pour laquelle le dernier paragraphe du Préambule, érige cette Déclaration Universelle comme un idéal au dessus de tous les pays et de toutes les idéologies :

«L’assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des États Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.»

Une telle déclaration était inacceptable par les maîtres de l’Islam ; pour trois raisons majeures:

  • Elle soumet la vision du monde à l’autorité de l’ONU, ensemble multiculturel dont la multiplicité de la pensée est un principe contradictoire à celui de la pensée unique islamique pour qui seul Dieu gouverne le monde et seul l’Islam est son vicaire ici-bas.
  • Elle augmente l’embarras des Imams soumis aux questions éventuelles de musulmans éclairés susceptibles de la lire.
  • Elle porte le drapeau de l’Homme libre et maître de son destin. Sa vision a des répercussions implicites dans la juridiction internationale, en particulier à la cour internationale de Justice de la Haye qui un jour ou l’autre pourrait bien inquiéter certains dirigeants du moyen orient.

L’islam se devait donc de parer cette menace. En 1948 elle n’en avait pas les moyens. A partir des années 70 sur un fond de guerre froide entre le bloc soviétique et l’occident , la pluie de pétrodollars, la reprise en main islamique de tous les états du Moyen orient suite à la décolonisation pour les uns et à l’expulsion de quelques autocrates en conflit avec la hiérarchie islamique pour les autres, changeaient la donne géopolitique. Les imams se sont alors jugés être assez forts pour avancer vers la remise en question des valeurs occidentales et contester les choix humanistes d’empreinte laïques, de l’ONU.

Dès les années 80 l’idée germait d’une déclaration islamique affichant une formatation astucieuse avec des termes choisis dans la Loi islamique et dans la déclaration de 1948, faisant pendant à cette dernière. Cette déclaration islamique voulait avant tout ramener au bercail les brebis éblouies par la lumière de 1948 tout en présentant l’Islam comme une religion ouverte et humaniste.

Ce faisant les pays musulmans montraient un Monde divisé en deux parties presque égales en nombre de pays, (bien que le PIB des 57 états musulmans soit moins du quart des autres états qui ont signé la déclaration de l’ONU en 1948).
À noter la présence de la Turquie, membre de la Coopération Islamique de 2011, affichant clairement son orientation islamique tandis que les pays de l’Union Europèenne soutiennent son entrée dans l’Europe au titre de sa laïcité et de sa modernité.

En surface, ce texte se lit facilement, ce qui est rare dans la littérature islamique. Élaboré par les maîtres de la Tekkiya (le droit de mentir ou de ruser pour un musulman dans le but de faire avancer la cause de l’Islam), il est semé de pièges pour un non initié. Les éclaircissements qui suivent pourront aider à percer l’opacité d’une dialectique islamique, à laquelle se heurte un occidental sinon un musulman.

Parmi les articles les plus polémiques, marquant une régression par rapport à l’universalité des droits de l’homme énoncés dans la déclaration de 1948, on ne peut oublier l’article 24 qui est fondamental :

«Tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis à la charia islamique.”

Enfin le choix du Caire pour la publication de cette déclaration n’est pas neutre. Cette ville est déjà le référentiel de la publication du Coran – officiel – en 1923, bien que l’Arabie saoudite en propose sa propre publication. “Business is business”.

2. TEXTE et COMMENTAIRES – Le Préambule

(en italique le texte original de la déclaration. Les chiffres et les titres des paragraphes sont ceux des auteurs de ces commentaires. L’ordre séquenciel de la déclaration est respectée, cependant le découpage des textes répond au besoin de clarté des explications;  )

2.1 Tout d’abord, le titre « Déclaration des Droits de l’homme en Islam », 1990, omet le terme «universel», de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

En première lecture, quiconque verra qu’elle ne s’adresse pas à toute l’humanité, mais aux seuls musulmans. Certes mais que cache-t-on derrière cette omission?

Peut-être le souci d’éviter une tautologie – pourquoi insister sur le coté universel puisqu’il doit être évident que l’Islam est une vérité universelle? Et ainsi courir le risque d’une contestation sur ce mot universel, au demeurant évident pour tout bon musulman?

De plus et surtout, le terme universel pourrait laisser croire que ces droits concernent uniformément les femmes et les hommes indépendamment de la race et de la religion, ce qui ouvrirait une brèche dans la vulgate islamique où tous les Hommes, (femmes exclues) sont égaux entre eux… quand ils sont musulmans. Dans l’Islam il y a les hommes musulmans, les femmes musulmanes et enfin les dhimmis. ( les dhimmis sont les peuples non musulmans sous la férule des musulmans au pouvoir et dont le traitement se situe selon les pays et les époques entre l’exploitation par l’impôt des richesses qu’il produisent jusqu’à une forme d’esclavage pure et simple. Dans le passé, en terre d’islam, les dhimmis ne pouvaient être propriétaires de leurs biens de production et en particulier des terres.)

Ce rappel est important pour comprendre qu’en terre d’islam, seuls les musulmans ont des droits. Donc il faut comprendre que la Déclaration des Droits de L’Homme en Islam, est bien universelle… puisqu’elle s’adresse à tous ceux qui ont des droits…

Enfin le terme Homme signifie à la fois le genre humain ou la personne masculine ; à l’évidence c’est cette dernière hypothèse qu’il faut retenir. L’omission du terme universel conduit aussi à donner un sens restrictif masculin aux «droits de l’homme en Islam ».

Ainsi la déclaration s’adresse d’abord à l’homme mâle afin de ne pas laisser de doute quant à la position supérieure de l’homme sur la femme. Ceci respecte la tradition musulmane. Le cas des droits spécifiques de la Femme sont traités spécialement plus avant. Il est bien évidemment regrettable que l’omission d’un seul mot, laisse une telle place au malentendu avec les non musulmans, mais est-ce un malentendu?

2.2 La suite du préambule se veut une déclaration qui chapeaute tout le texte:

A/ Introduction de la déclaration islamique: La 19ème Conférence des Ministres des Affaires Étrangères de l’Organisation de la Conférence islamique, Consciente du statut de l’homme dans l’Islam en tant que vicaire de Dieu sur terre,

Vicaire de Dieu – L’homme ou l’Islam ? L’expression laisse planer un doute qui n’est probablement pas anodin. Cette phrase qui donne à l’homme dans l’islam la mission de Vicaire de Dieu, omet les non musulmans. Juifs, Chrétiens, en sont exclus. C’est du sectarisme et on comprend mieux l’absence du terme Universel dans cette Déclaration. Mais rétorquera un imam rodé à ce genre de discours :

“Il n’y a aucun sectarisme dans l’Islam, car ces droits s’adressent à tous ceux qui le souhaitent; d’ailleurs n’êtes-vous pas un musulman qui s’ignore puisque Allah a créé un Monde musulman? Vous êtes tous des musulmans victimes inconscientes des modifications que Juifs et Chrétiens ont apportés à la Tradition et aux Livres Saints – la Bible et Le Nouveau Testament – pour occulter ce fait. Vous savez bien que juifs et chrétiens ont supprimé toute allusion à la venue du Prophète Mahomet, promise de tout temps. Donc cette déclaration s’adresse bien aussi à vous !”

Ne cherchez pas à contester cette logique, elle est imparable. Toute proportion gardée c’est la vieille histoire du grec qui prétend dire la vérité en affirmant que tous les grecs sont menteurs…

On appréciera : “Consciente du statut de l’homme dans l’Islam, en tant que vicaire de Dieu”. Cette conscience n’est pas de bon aloi; c’est une boite noire dans laquelle les maîtres de l’Islam pourront mettre n’importe quoi, y compris une profusion de règles auxquelles l’homme devra se soumettre.

“Statut de l’homme” renvoie à “Vicaire de Dieu” et réciproquement. Il s’agit là, dès le début des attendus de la déclaration, d’un exemple de la technique des textes des maîtres de l’Islam où chaque terme s’appuie sur l’autre sans que jamais l’un d’eux ne soit objectivement défini et vice versa… Mais la période est belle, la poésie du texte préservée. On verra plus loin que cette rhétorique est dans la logique du Coran où la poésie du texte masque les incohérences.

La déclaration est mise sous l’égide de Dieu. Le chapeau est large et la couvre entièrement de son ombre. Pour ceux qui n’auraient pas compris, dès l’abord: Exit la laïcité!

2.3 De l’importance d’une déclaration islamique.

Le préambule continue:

B/ Reconnaissant l’importance de promulguer une Déclaration des droits de l’homme en Islam afin que les pays membres puissent s’en inspirer dans les différents aspects de la vie,

L’axiome de la partition du Monde en deux parties est là:

“Dar al Islam” (la maison de l’Islam), les pays à qui s’adresse la déclaration.
Les autres pays sont rejetés puisqu’on n’en parle pas. Derrière cette omission on entrevoit une scission avec l’ONU et la conquête de “Dar al Harb” (la maison de la guerre).

Il ne pouvait en être autrement: avant tout la communauté musulmane “Oummah” doit vivre sous les mêmes lois, c’est la raison de la mention – “afin que les pays membres puissent s’en inspirer” – .

Ceci est donc en phase avec la vulgate islamique dont on précise qu’elle s’applique dans les différents aspects de la vie. La vie est un ensemble unique et indifférencié dont tout doit être contrôlé. Gare à ceux qui pourraient confondre les différents aspects de la vie avec les aspects différents de la vie. Les mots sont pesés; pas de souci pour le musulman, le moindre moment de son existence est régi jusque parfois dans des détails aussi prosaïques que de la façon de se soulager sans offenser Dieu en ne se tournant pas du coté de la Quibla (la direction de la Mecque) par exemple.

Heureusement le nombre limité de lieux saints n’exige pas d’emmener en voyage un bagage encombrant de boussole et de cartes d’état-major. Cependant la direction de la Qibla reste une préoccupation majeure pour le voyageur, en particulier lorsqu’il prie dans sa chambre d’hôtel. Pour cette raison, y compris dans les meilleurs établissements, l’hôtelier compatissant dessine une flèche bien visible sur la table de nuit indiquant la bonne orientation.

Nous sommes loin des directives générales de la déclaration de 1948, dont le bon sens est ancré dans le respect de la dignité de l’homme. On l’a vu, la consistance humaniste, philosophique et littéraire de son préambule est très au-delà de la déclaration islamique.

Mais il y a le double langage d’une déclaration dont la forme libérale d’expression pourrait séduire un esprit occidental, émerveillé par ce saut culturel de modernité, au point d’être optimiste sur l’évolution de l’Islam : La recommandation que les pays membres puissent s’en inspirer, pourrait en effet laisser croire que les termes plus récents de la déclaration viennent se substituer aux archaïsmes du Coran, de la Charia et des Hadiths. On verra plus loin dans les différents articles qu’il n’en est rien. Ces textes anciens surplombent cette déclaration et la rendent inepte.

2.4 L’annonce de l’idéologie de l’Islam.

Lisons la suite du préambule:

C/ Ayant pris connaissance des différentes phases de préparation du projet de cette Déclaration et du mémorandum du secrétariat général y relatif, Ayant pris connaissance du rapport de la commission d’experts juridiques réunis à Téhéran du 26 au 28 décembre 1989, Donne son accord pour la promulgation de la Déclaration du Caire des droits de l’homme en Islam, qui constitue des directives générales aux États membres en matière des droits de l’homme, Réaffirmant le rôle civilisateur et historique de la Communauté islamique (oummah), la meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l’humanité une civilisation universelle équilibrée, alliant la vie présente à l’au-delà, et la connaissance à la foi, et réaffirmant le rôle espéré que cette communauté devrait jouer aujourd’hui pour guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste,

Ce paragraphe long et enchevêtré exige une attention particulière, car il résume en une seule longue phrase l’idéologie de l’Islam. Sans fars et sans bruit le moteur dialectique de l’Islam ronronne et ne cache pas ses fins : Donner au Monde le modèle de la communauté Oummah. La conquête du monde n’est plus loin. On ne peut mieux exprimer l’objectif : … “guider l’humanité plongée dans la confusion” …

Tout le reste n’est que miroir pour justifier ces objectifs.

La phrase « Réaffirmant le rôle civilisateur et historique de la Communauté islamique » est une expression puisée dans les slogans déjà utilisés par d’autres idéologies totalitaires ou pas… En ce sens elle est très moderne et s’éloigne des exhortations de soumission coraniques. Ici les maîtres de l’Islam prennent un risque en changeant de registre.

En effet, ils sortent de la métaphysique du Coran pour entrer dans le temporel concrêt du « rôle civilisateur de la communauté » au sujet duquel un esprit critique ne manquera pas de faire des comparaisons fâcheuses en allant regarder la réalité que sous entend une telle affirmation. C’est surprenant de la part des auteurs, alors que les maîtres de l’Islam ont toujours eu le souci de ne pas laisser le champ libre à d’éventuelles critiques en recourant à la force si nécessaire.

La référence au “rôle civilisateur et historique de la Communauté islamique (oummah)”, ignore la réalité des conditions socio-économiques des pays arabes avant l’arrivée des petro dollars: Les ruines du monde judeo chrétien qui jonchent tout le Moyen Orient, Églises et bâtiments squattées pour faire des mosquées, le reste abandonné aux chacals et au vandalisme, des tribus entières anéanties. La moitié des populations en orient aurait disparue dans la tourmente des premiers cavaliers sarrasins.

Aujourd’hui encore on ne compte plus les hôpitaux que fuient les maghrébins, Bouteflika par exemple, pour aller se faire soigner en Europe, non sans avoir craché bien haut leur haine et leur arrogance sur l’Occident. Que dire de plus sur l’état lamentable de l’agriculture en Algérie qui était florissante à l’époque de la présence de la France ?

Civilisation ? Qu’en pensent les kabyles ? ils étaient dans leur immense majorité juifs ou chrétiens avant l’arrivée de l’Islam. Face à l’alternative du couteau dans la gorge ou la soumission à l’Islam ils ont dû choisir le viatique de survie. On ne peut pas les en blâmer. Aujourd’hui la Kabylie essaye de revenir peu à peu à la religion chrétienne de ses ancêtres.

la meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l’humanité une civilisation universelle équilibrée ?
L’emploie du mot universelle prêterait à rire si ce n’était dramatique de prétention et d’arrogance. Ce terme veut ratisser large; il est logique ici, car il s’agit d’imposer universellement la communauté – Oummah.

Une fois de plus la dialectique musulmane fait le pendant entre deux termes – “la meilleure communauté” d’une part et avec d’autre part une “civilisation universelle équilibrée” – sans dire à aucun instant pourquoi elle est la meilleure ni expliciter une “civilisation universelle équilibrée”. Il s’agit d’entraîner l’adhésion pas des mots forts et beaux, soutenus par d’autres tout aussi séduisants, et réciproquement, sans le besoin d’explications complémentaires pour la justification et la définition de chaque terme puisque l’autre le justifie. Et pour boucler le raisonnement, pourquoi ergoter puisque Dieu en a décidé ainsi. Quatorze siècles de Tekkiya…

Reprenons la suite : alliant la vie présente à l’au-delà, et la connaissance à la foi, ; difficile de savoir qui porte la lourde responsabilité technique de relier le visible à l’invisible et la raison au doute. Le programme est attrayant ! Dommage que les auteurs n’aient pas retenu le conditionnel futur pour une situation qui interpelle les hommes depuis toujours et appellerait à l’humilité devant l’inconnu. L’arrogance du propos est incroyable, mais efficace. 4000 français parait-il se laissent séduire chaque année par cette proposition.

A croire cependant que les auteurs n’étaient pas aussi surs d’eux, car ils s’empressent de réaffirmer le rôle espéré que cette communauté devrait jouer aujourd’hui. Ce « rôle espéré », serait-il un souhait populaire,un rappel d’une attente ou d’une prophétie ?

Les auteurs ne vont pas jusqu’au bout du raisonnement et omettent de mettre « espéré depuis toujours », mais utilisent le conditionnel. Alors le doute persiste et est entretenu. S’agit-il d’une attente messianique espérée de tous temps comme nous en avons parlé précédemment ou d’une simple déclaration prudente puisque la communauté espère bien évidemment un rôle qu’elle entend jouer…

Faut-il y voir un recul des maîtres de l’Islam moins certains d’affirmer devant le monde entier un rôle annoncé depuis tous les temps, systématiquement occulté par les raturage opérés dans les livres saints des juifs et chrétiens ?

Dans quel but plusieurs siècles avant Mahomet, les scribes de tous partis auraient-ils raturé la Torah et le Nouveau testament figés dans leur rédaction plusieurs siècles avant la venue de l’Islam. C’est évidemment impossible et cette accusation – raturer pour cacher – ne tient pas la route et devient impossible à soutenir sans que des siècles d’exégèse bibliques n’en aient jamais parlé. On peut donc penser que les maîtres de l’Islam se sont contentés de sortir du dilemme en recourant à la pirouette d’un conditionnel qui évite le fâcheux imparfait qui l’aurait obligé à donner la référence de Qui espère et depuis Quand avec la chaîne de démentis qu’on imagine. On restera donc sur ce message d’espoir d’une sagesse toujours possible, planant au dessus de nous comme une fumée.

Continuons : guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste,.

On a compris les autres communautés sont condamnées à la confusion du matérialisme et aux antagonismes religieux; sous entendu l’Islam est au dessus de la mêlée. Chacun a pu constater l’absence d’antagonismes entre musulmans et bien évidemment les querelles Chiites – Sunnites ne sont que des ragots d’occidentaux mal intentionnées.

Ici se profile une fois de plus le rejet de ceux qui sont en dehors de l’Islam. On parle de confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, ; on accuse ici tous les autres d’être antagonistes. De qui ? de l’Islam bien sur, mais on évite de l’affirmer trop haut…

Revenons un instant sur alliant la vie présente à l’au-delà, et la connaissance à la foi, . Une affirmation qui éblouira juifs, coptes catholiques et autres protestants. Une fois de plus les auteurs ont décidé de ratisser large. Tant pis pour les athées, ils ne comptent pas puisqu’ils doivent se convertir ou mourir, au mieux être réduit en esclavage. Seules les gens du livre sont visés ici car en principe dans l’Islam ils ont le droit d’exister sous le statut de dhimmis à condition de se taire et ne pas faire de prosélytisme sous peine de mort.

2.5. La loi, seulement la Loi.

Désirant contribuer aux efforts de l’humanité visant à garantir les droits de l’homme, à le protéger de l’exploitation et de la persécution, à affirmer sa liberté et son droit à une vie digne en accord avec la Loi islamique, .

Cela confirme simplement que la loi Islamique est le seul référentiel acceptable à l’exclusion de toute autre.

2.6. Mais l’homme n’est pas adulte.

D/ Convaincus que l’humanité, dont la science a atteint un niveau élevé dans la sphère du matériel, et aura toujours besoin d’un appui de la foi à sa civilisation et d’un auto-frein qui protège ses droits,

Dans la sphère matérielle, l’invention de “l’auto frein qui protège les droits ” ressemble fortement à l’engrenage d’une boite mécanique dont le contrôle échappe à beaucoup mais pas à tous. Cette dialectique n’est pas nouvelle. Certaines églises l’ont déjà proclamé et la proclament encore. A propos qui appuie sur la pédale de l’auto-frein : l’Imam du quartier, le collège des Ulemas, l’Université Al aksar du Caire, les successeurs d’Ibn Seoud ou la police religieuse du quartier?

On pourrait y voir l’intention louable de freiner la société de consommation qui a envahi notre siècle. Mais n’est-ce pas la volonté de freiner la science qui a atteint un niveau élevé dans la sphère du matériel. L’idée de science religieuse est bien sur omise. On devine pourquoi.

2.7 Encore un texte particulièrement embrouillé.

E/ Croyant que les droits fondamentaux et les libertés universelles dans l’Islam font partie de la religion des musulmans, Et que personne n’est en droit de les entraver totalement ou partiellement, de les violer ou de les ignorer, parce qu’ils sont des dispositions divines à suivre, Lesquels droits et libertés nous sont parvenus par le dernier Livre révélé ainsi que par l’Envoyé de Dieu pour accomplir les précédents messages révélés;

Les auteurs déclarent ici des droits fondamentaux et des libertés universelles dans l’Islam, ce qui ne peut que charmer le lecteur occidental à condition qu’il ne s’étonne pas qu’ils s’agisse uniquement de ceux de l’Islam. L’intention est louable et fait pendant à la déclaration de 1948 de l’ONU. Pour le coup les auteurs ne craignent pas d’inventer la concept de “libertés universelles dans l’Islam” . Ils ont ainsi trouvé la clé pour soumettre les “droits universels” à l’Islam.

Mais une lecture attentive notera la liaison astucieuse de ces droits fondamentaux et libertés universelles dans l’Islam. “LESQUELS droits et libertés nous sont parvenus par le dernier Livre révélé ainsi que par l’Envoyé de Dieu” …avec le Coran et Mahomet.

Exit le réfèrent de la Déclaration de 1948, à laquelle on substitue Coran et Envoyé de Dieu. Exit les autres définitions éventuellement puisées dans le Petit Robert. L’islam construit son propre dictionnaire. Les efforts des hommes pour monter des référentiels communs depuis toujours afin de faciliter la communication et l’harmonie entre entre eux, quels que soient leur culture et religion, sont anéantis. Difficile de faire mieux pour altérer le sens des mots, difficile d’être plus sectaire. On pourrait y voir la rupture avec le monde occidental et la civilisation des philosophes des lumières!

On se demande bien pourquoi les auteurs ont pris tant de peine pour écrire cette déclaration. Il suffisait de mettre le Coran au milieu de la table…
Imaginons un instant le tollé qui aurait secoué l’ONU, si une nation avait voulu introduire la Bible et le Nouveau Testament comme élément central de la déclaration de 1948.

Il y a une autre lecture de “Croyant que les droits fondamentaux et les libertés universelles dans l’Islam font partie de la religion des musulmans, Et que personne n’est en droit de les entraver totalement ou partiellement, de les violer ou de les ignorer,”. La menace est claire :
Personne ne peut contester aux musulmans le droit d’avoir leur droits en Islam. Cela veut dire que seuls les droits musulmans sont recevables…

Enfin pour accomplir les précédents messages révélés;c’est à dire le Coran et ses suites.

2.8 La déclaration est sacrée, objet d’adoration.

F/ Que leur protection est un acte d’adoration, que toute agression contre eux est déniée par la religion, et que tout homme en est responsable, la Communauté islamique en étant responsable par association.
En conséquence, en vertu des principes mentionnés ci-dessus, les États membres de l’Organisation de la Conférence Islamique déclarent ce qui suit :

On sacralise ici le texte de la déclaration pour que personne ne puisse y toucher. On enferme ainsi les hommes dans un filet textuel dont ils ne peuvent sortir sous peine de blasphème.
Avec cette déclaration on remet une couche aux défenses de l’Islam contre ceux qui auraient pu penser un instant que la Déclaration de l’ONU, pouvait prévaloir.

Rien ne change. On reste dans la soumission pure et dure, exit la liberté de penser. Que les musulmans qui veulent évoluer, comprennent qu’ils peuvent le faire… uniquement dans le cadre des textes sacrés.

3. TEXTE et COMMENTAIRES – Les articles

3.1 La vraie Foi

Art. 1 – a) Tous les êtres humains forment une famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu, et par le fait qu’ils descendent d’Adam. Tous les hommes sont égaux dans la dignité humaine, dans l’accomplissement des devoirs et des responsabilités, sans aucune discrimination de race, de couleur, de langue, de sexe, de religion, d’appartenance politique, de statut social ou de toute autre considération. La vraie foi garantit l’accroissement de cette dignité sur le chemin de la perfection humaine.

A la fin du XX siècle, plus d’un siècle après Darwin et les diverses autres théories de l’évolution, remettre le couvert pour Adam à la table de l’origine de l’Humanité relève d’un acharnement théologique stupéfiant. On pardonnerait l’idée d’un Adam venu du fond des siècles dans une tradition millénaire reportée dans des livres anciens, où le mythe se partage avec le symbolique, mais l’écrire aujourd’hui quand même!

Revenons sur le début de la phrase qui exprime tout en le cachant une des théories fondatrices de l’Islam: Tous les êtres humains forment une famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu.

Lisons entre les lignes des « membres soumis à Dieu»; c’est une des définitions du musulman.

Le texte devient alors : Tous les être humains forment une famille dont tous les membres sont… musulmans. En effet, répétons le, l’Islam d’aujourd’hui considère que Dieu a créé à l’origine un monde totalement musulman. Ainsi Adam était musulman, tout comme les lecteurs de ce livre.

Ce théorème d’une humanité musulmane dès l’origine ne doit jamais être perdu de vue au risque de ne rien comprendre et donc de ne rien voir sur les visées de l’Islam.

Le corollaire de ce théromème est donc que “Tous les hommes sont égaux”… Ce qui est normal puisque tous musulmans. En condéquence on enferme les valeurs Onusiènnes dans la “bourqua” musulmane: dans la dignité humaine, dans l’accomplissement des devoirs et des responsabilités, sans aucune discrimination de race, de couleur, de langue, de sexe, de religion, d’appartenance politique, de statut social ou de toute autre considération.

Mais au cas où le lecteur se tromperait de sens et pour diminuer les risques vers une dérive contestataire on rajoute en fin de phrase, un cadenas qui verrouille tout le préambule: La vraie foi garantit l’accroissement de cette dignité sur le chemin de la perfection humaine.

Accroissement de la dignité et de la perfection humaine, beau programme. Mais après cette phrase apparemment sympathique aux oreilles d’un humaniste, l’objectif des auteurs réapparaît avec la «vrai foi» en omettant de la définir : Pourquoi attirer l’attention d’un esprit sur l’escamotage de ce texte alors qu’un vrai musulman n’hésitera pas à y voir la foi islamique.

3.2 La terre doit être peuplée d’individus utiles

Article 1 – b) Tous les êtres humains sont les sujets de Dieu, et ceux qu’Il aime le plus sont ceux qui sont les plus utiles à Ses sujets. Personne n’est supérieur à personne, sauf par la piété et les bonnes œuvres.

Le rapport de l’homme à Dieu est un rapport d’utilité; concept éminemment vague peut-être défini par ailleurs ? dans les textes du Coran… ?

C’est ouvrir une brêche dans le concept de la Dignité inaliénable de l’Homme. C’est ainsi la porte ouverte à des excés allant jusqu’au nettoyage éthnique et plis généralement éliminer ceux qui ne rentrent pas dans le cadre de l’Islam.

Cela expliquerait-il l’intérêt du grand Mufti de Jérusalem et des frères musulmans pour Hitler ? Cet article 1 – item b/ , semble être passé totalement inaperçu des défenseurs des droits de l’Homme : ainsi Amnisty International et autres SOS Racisme sont restés silencieux sur le point crucial d’une vision utilitaire de l’Humanité.

Personne n’est supérieur à personne, sauf par la piété et les bonnes œuvres.
On remarquera la proposition inversée qui après avoir nié la supériorité de quiconque, la reconnaît de fait grâce à l’exercice de la piété et les bonnes œuvres.

Il existe donc bien des hommes supérieurs aux autres et nous continuons dans le concept d’utilité: Quels sont les critères qui permettent d’en juger ? Le poids de la récolte de la dîme, les «dons spontanés» à l’imam du quartier, le nombre de morts à l’actif du djihadiste ?
Toute l’horreur potentielle qui se cache dans le souffle de l’Islam se profile dans cet article.

Mais honni soit qui mal y pense, il ne s’agit peut-être que d’un appel à la générosité bien comprise déjà pronée dans d’autres sectes. Ici l’Islam n’a rien d’original. Mais la formulation maladroite fait peur. Est-elle volontairement maladroite ?

3.3 Permis de tuer

Art. 2 – a) La vie est un don de Dieu; elle est garantie à chaque être humain. Il appartient aux individus, aux sociétés et aux États de préserver ce droit de toute violation; il est interdit d’enlever la vie sans raison légale – (la Charia).

La peine de mort est ici explicitement envisagée pour des raisons légales définies par ailleurs dans la Charia. Ce rappel conduit à ériger la Charia au dessus de la propre Déclaration des Droits de l’Homme en Islam. Cet article s’éloigne de l’article 3 de la déclaration de l’ONU: ” Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ” en introduisant une raison légale de tuer. En première lecture les mots qui chatouillent agréablement l’imaginaire de l’homme – «préserver ce droit de toute violation» du fait des connotations historiques et libérales. Mais il remet au centre du débat la Charia – un code civil héritier des traditions bibliques, messianiques et coraniques trempées dans les antiques coutumes du Moyen Orient. L’objectif central reste de rappeler aux hommes qu’il sont musulmans avant tout. On ne manquera pas de rapprocher entre cet article a) avec les commentaires sur le b) ci-après.

3.4. Le génocide, ici. pourquoi ?

b) Il est interdit de recourir à des moyens qui pourraient conduire à un génocide.

On peut y voir plusieurs raisons dont une possible : s’exempter des responsabilités de génocides passés?

3.5. La Charia qui dépend de Dieu

c) La continuité de l’existence humaine, jusqu’à ce que Dieu en décide autrement, est un devoir légal (charia).

La Charia est toujours là en fin de phrase. On appréciera le devoir légal de la continuité de la vie, dont on aurait pu penser qu’elle était avant tout un problème biologique et de dignité humaine. Alors pourquoi remettre Dieu et la Charia ici ? Serait-ce une porte laissée ouverte pour éliminer des non croyants quand Dieu en décide au travers de ses vicaires? Nous sommes là dans l’horreur du mensonge et du crime prémédité: Si Dieu en décide autrement, la NON continuité de l’existence humaine est un devoir légal !

3.6. Viol interdit sans autorisation

d) L’intégrité physique est garantie; personne n’a le droit de la violer. On ne peut y porter atteinte que pour une raison légale; l’État garantit la protection de ce droit.

Le viol et la torture sont donc toujours justifiables pour une raison légale.

3.7. Halte à la barbarie

Art. 3 – a) Il n’est pas permis, en cas d’utilisation de la force ou de conflits armés, de tuer des non-belligérants, à savoir des vieillards, des femmes et des enfants. Les blessés et les malades auront le droit de recevoir un traitement médical, et les prisonniers de guerre auront droit à de la nourriture, un abri et des vêtements. Il est interdit de mutiler des cadavres. Par motif de devoir, il sera procédé à l’échange des prisonniers de guerre et à l’organisation de réunion des familles séparées par les conséquences de la guerre.

Article dont le bien fondé est peu évident : La croix rouge et le croissant rouge existaient avant cette déclaration, les multiples exactions en Algerie et ailleurs aussi. La volonté de mettre fin à de telles exactions est louable mais pouquoi ne s’applique-t-elle pas aux conflits contemporains ou aux attentas djihadistes? Certains verront dans cet article une manifestation de repentir, on peut en douter quand un djihadiste arrache le coeur d’un soldat et le mange sous les l’objectf des caméras.

3.8 Une déclaration écologique

b) Il est interdit de couper les arbres, de détruire les cultures et le bétail ou de démolir les installations et les bâtiments civils de l’ennemi par des bombardements, à l’aide d’explosifs ou par tout autre moyen.

Un souffle écologique pour préserver la planète et rafraîchir les esprits…

3.9. Diffamation et profanation, même combat.

Art. 4 – Tout individu a droit à l’inviolabilité, à la protection de sa réputation durant sa vie et après sa mort. L’état et la société protégeront sa dépouille et sa tombe de la profanation.

Il faut croire que cet article est inconnu dans beaucoup de pays musulmans, où les tombes de juifs et de chrétiens sont profanées depuis des siècles. On pourra cependant s’étonner de la contradiction sur l’inviolabilité de la réputation avec le fait du Coran (S5,60) traiter les juifs de singes et de porcs.

3.10 Le mariage pour tous ?

Art. 5 – a) La famille est l’élément de base dans la construction de la société; le mariage est le fondement de sa constitution. Les hommes et les femmes ont droit au mariage, et aucune restriction quant à la race, la couleur ou la nationalité ne les empêchera d’exercer ce droit.

On notera que la restriction ne concerne pas la religion. Ainsi le certificat de coutume obligatoire pour le non musulman qui veut épouser une musulmane a encore de beaux jours devant lui; ( un français voulant épouser par exemple une marocaine musulmane doit présenter à sa mairie, un certificat de coutume qui atteste sa foi musulmane, document paradoxalement exigé par la mairie en France). Sinon pas de mariage républicain.
Mais attention de ne pas s’engager à la légère pour les beaux yeux de la belle marocaine: tout apostat de l’Islam est passible de mort que tout musulman doit appliquer dés qu’il en a connaissance.

3.11 Protéger la famille

b) La société et l’État lèveront tout obstacle au mariage en vue d’en faciliter la réalisation. Ils protégeront la famille et assureront son bien-être.

Au problème près des non musulmans

3.12. Enfin la femme.

Art. 6 – a) La femme est l’égale de l’homme dans la dignité humaine; ses droits sont équivalents à ses devoirs. Elle a une personnalité civile, une responsabilité financière indépendante, et le droit de conserver son nom patronyme et ses liens de famille.

Si la femme est ici déclarée égale de l’homme dans la dignité humaine, pourquoi lui consacrer un article.
Cet article est avant tout la preuve que la Déclaration des Droits de l’Homme en Islam, se décline uniquement au masculin.

On notera qu’immédiatement après «dignité humaine» il y a un point virgule à la suite duquel l’auteur s’empresse de rajouter que «ses droits sont équivalents à ses devoirs». Cela sous entend concrètement qui si la femme ne remplit pas ses devoirs elle perd ses droits et notamment celui du respect de sa dignité, précédemment stipulé. On imagine bien les conséquences…

b) Le mari a la charge de l’entretien de la famille et la responsabilité de sa protection.

Rien à dire…

3.13. La mère le fœtus et l’enfant, un traitement spécial, mais les pères décident

Art. 7 – a) Dès la naissance, chaque enfant a des droits à faire valoir sur ses parents, la société et l’État, en ce qui concerne sa garde, son éducation et sa prise en charge sur le plan matériel, sanitaire et moral. La mère et le fœtus recevront une protection et un traitement spécial.

On ne peut que regretter la maladresse du terme «traitement spécial» qui pourrait donner froid dans le dos mais il n’y faut, je pense, n’y voir qu’une mauvaise traduction de l’arabe en français. Optimisme exagéré au moment de la PMA et autre inventions sinistres?

b) Les pères et leurs remplaçants ont le droit de choisir l’éducation de leurs enfants, à condition de sauvegarder les intérêts et l’avenir de ces derniers, à la lumière des valeurs morales et des normes de la Loi islamique.

Les normes de la Loi Islamique conditionnent tout enseignement et Exit les droits de la femme sur l’enfant puisque ce sont les pères et leurs remplaçants; nous sommes là dans le droit pur et dur de la Charia.

Les étrangères qui ont suivi leur mari dans certains pays musulmans, savent ce qu’il en coûte lorsqu’elles deviennent veuves ou que le mari les répudie. Elles n’ont en général aucun droit sur l’enfant et ne pourront pas le rammener dans leur pays d’origine.

c) Les deux parents ont des droits sur leurs enfants et, de même, les membres de la famille ont des droits sur leurs parents selon les normes de la Loi islamique.

Les auteurs ne se cachent même plus: On ne parle plus de droits de l’homme mais de la Loi Islamique remise au centre du débat

3.14. La capacité légale de s’obliger ?

Art. 8 – Tout individu a la capacité légale de s’obliger et d’obliger autrui. Au cas où il perdrait cette capacité ou la verrait réduite, il serait représenté par son tuteur.

Il y a probablement là un problème de traduction qui rend cet article difficilement compréhensible.

3.15 La recherche et la connaissance dans la religion islamique.

Art. 9 – a) La recherche de la connaissance est une obligation. L’enseignement est un devoir de l’État et de la société. L’état fournira les moyens nécessaires pour acquérir cette éducation et garantir sa diversité dans l’intérêt de la société, de sorte que l’homme puisse connaître la religion islamique, découvrir les réalités de l’univers et soumettre ces dernières au bien de l’humanité.

On appréciera le «garantir sa diversité» avec le «connaître la religion islamique».

Phrase remarquablement construite pour placer la connaissance de la religion islamique comme objectif et dénominateur commun à tout acquis de connaissances. Un modèle de la dialectique musulmane qui reflète l’art consommé de la manipulation des foules par le dire, élaboré en 14 siècles. On peut qu’être admiratif.

3.16. Salman Rusdie et Charlie Hebdo, souvenez vous

b) Tout individu a le droit à ce que les institutions éducatives et d’orientation sous toutes leurs formes, à savoir, la famille, l’école, l’université, les médias, etc., œuvrent pour une éducation religieuse et profane complète et équilibrée permettant le développement de la personnalité, la fortification de la foi en Dieu et le renforcement du respect et de la sauvegarde des droits et des obligations.

Après une période équilibrée entre éducation religieuse et profane, qui laisserait augurer d’un agréable progrès dans la liberté de pensée, la fortification de la foi en Dieu nous rappelle de ne pas nous tromper de clavier. En y regardant de plus près on voit que la foi en Dieu précède le renforcement du respect et de la sauvegarde des droits et des obligations. Cela signifie la consolidation juridique de l’interdiction du blasphème. Salman Rushdie, Charlie Hebdo , souvenez vous!

3.17. L’islam, rien que l’Islam.

Art. 10 – L’islam est la religion naturelle de l’homme. Il n’est pas permis de soumettre ce dernier à une quelconque forme de pression ou de profiter de sa pauvreté ou de son ignorance pour le convertir à une autre religion ou à l’athéisme.

Et voilà nous y sommes, le totalitarisme ne se cache même plus: Interdit de prêcher autre chose que l’Islam; même l’athéisme est interdit. Toute la violence de l’Islam est exprimée dans cet article. Il est la preuve écrite en plein XX siècle par les maîtres de l’Islam, que l’Islam est par construction et dans son essence, totalement indissoluble dans le modernité des états républicains et laïques. La justification de la destruction de peuples entiers au Moyen Orient depuis 14 siècles est là !

3.18. La soumission unique à Dieu

Art. 11 – a) L’individu est né libre; nul n’a le droit de l’humilier, de l’opprimer ou de l’exploiter. Il ne peut y avoir d’autre soumission qu’à Dieu le Tout-puissant.

Avec ce rappel qu’il ne peut y avoir «d’autres soumissions» qu’à Dieu, on croirait lire un verset du Coran.

3.19. Le colonialisme est interdit

b) Le colonialisme, sous toutes ses formes, qui constitue la forme la plus pernicieuse de l’asservissement, est totalement interdit. Les peuples souffrant du colonialisme ont pleinement droit à la liberté et à l’autodétermination. Il est du devoir de tous les États et de tous les peuples de soutenir ce combat pour la liquidation de toutes les formes de colonialisme et d’occupation. Tous les peuples ont le droit de préserver leur identité indépendante et d’exploiter leurs richesses et leurs ressources naturelles.

Le colonialisme est interdit; bravo! y compris celui de l’Islam. Mais ce n’est pas écrit, est-ce un oubli?
Cet article est à l’évidence en opposition avec les prêches des Imams qui prônent aujourd’hui la conquête de l’Europe et du monde avec les ventres des femmes et par les armes.

3.20. Obligation de recevoir les musulmans.

Art. 12 – Tout individu a le droit, dans le cadre de la Loi islamique, de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur comme à l’extérieur de son pays. Devant la persécution, tout individu a le droit de chercher asile dans tout autre pays. Le pays dans lequel il se réfugie doit lui accorder la protection jusqu’à ce qu’il l’amène en un lieu sûr, sauf si l’asile est motivé par la commission d’un délit selon la Loi islamique.

On trouve ici une des origines des problèmes du comportement incivil de nombreux musulmans: seule la loi islamique peut qualifier le délit. Les juges français n’ont qu’à se taire car ils n’ont aucun droit sur un criminel musulman supposé innocent jusqu’à ce que le juge musulman en décide autrement.

3.21. Le droit de recevoir un salaire.

Art. 13 – Le travail est un droit que l’État et la société doivent assurer aux individus aptes. Tout individu a droit au libre choix de son travail, dans le cadre de son intérêt et de celui de la société. Le travailleur a droit à la sécurité de même qu’à toute autre garantie de sécurité sociale. Il n’est pas permis de le surcharger, de le contraindre, de l’exploiter ou de lui nuire. Il a droit – sans aucune distinction entre les hommes et les femmes – à un salaire équitable pour son travail, payable sans retard, ainsi qu’aux congés, allocations et promotions qu’il mérite. Il doit être loyal et méticuleux dans son travail. Si les ouvriers et les employeurs sont en désaccord, l’État interviendra pour aplanir le différend, faire réparer les torts, affirmer le droit et faire respecter la justice sans parti pris.

Le style a changé, on pourrait y voir un texte de délégué syndical. On est dans le droit du travail de base. Curieusement le droit religieux n’est pas invoqué; travail et religion islamique ne feraient-ils pas bon ménage?

3.22. On ne triche pas au travail

Art. 14 – Tout individu a le droit de gagner légitimement sa vie sans monopoliser, tromper ou causer du tort à lui-même ou à autrui. L’usure (riba) est explicitement interdite.

Il y a des choses qui vont sans dire…

3.23. Porte ouverte à la Dhimmitude.

Art. 15 – a) Tout individu a le droit à la propriété par les voies légales et le droit de jouir des avantages de la propriété, sans préjudice pour lui-même, pour autrui ou pour la société. L’expropriation n’est pas permise sauf pour des raisons d’intérêt public et contre paiement d’une prompte et juste compensation.

Les auteurs oublient de spécifier que cela ne concerne que les musulmans et certainement pas les dhimmis. L’incipit de la Déclaration qui fixe le Coran et Mahomet en chapeau du texte renvoie de fait à la Charia et aux hadiths où le cas des droits – inférieurs – des dhimmis est traité. Inutile donc de rappeler que cet article n’apporte aucune sécurité aux non croyants.

b) La confiscation et la saisie de biens sont interdites, sauf pour raison légale.

Ceci renforce les craintes de la note précédente.

3.24. La censure

Art. 16 – Tout individu a le droit de jouir des fruits de sa production scientifique, littéraire, artistique ou technique. Il a le droit de sauvegarder les intérêts moraux et financiers qui en découlent, à condition que sa production ne soit pas contraire aux normes de la Loi islamique.

Et voilà la porte à la censure islamique grande ouverte !

3.25.Hygiène et prophylaxie religieuse.

Art. 17- a) Tout individu a le droit de vivre dans un environnement sans vices et fléaux moraux, un environnement qui puisse favoriser la réalisation morale de sa personne. Il incombe à l’État et à la société d’assurer ce droit.

Où l’on voit arriver la police religieuse au galop

b) La société et l’État doivent assurer à tout individu le droit aux soins médicaux et sociaux en organisant les secteurs publics dont il a besoin, dans les limites des ressources disponibles.

Quand les limites des ressources sont dépassées et que l’hôpital ne marche pas on va se faire soigner chez les non croyants en exigeant que la charia soit respectée…

c) L’état garantit le droit de tout individu à une vie digne, qui lui assure ses besoins ainsi que ceux dont il a la charge. Ces besoins englobent la nourriture, les vêtements, le logement, l’éducation, les soins médicaux, ainsi que tous les besoins essentiels.

Au moins l’intention y est.

3.26. Illusionnisme

Art. 18 – a) Tout individu a droit à la sécurité de sa personne, de sa religion, des membres de sa famille, de son honneur et de ses biens. b) Tout individu a droit à l’indépendance dans les affaires de sa vie privée : son domicile, sa famille, ses biens et ses relations. Il n’est pas permis de l’espionner, de le contrôler ou de porter atteinte à sa réputation. Il doit être protégé contre toute intervention arbitraire. c) Le domicile privé est inviolable dans tous les cas. On ne peut y entrer sans la permission de ses habitants ou de quelque manière illégale. Il ne pourra être démoli ou confisqué et ses habitants ne pourront en être expulsés.

Admirons le remarquable illusionnisme dans le terme : Tout individu a droit à la sécurité de sa personne, de sa religion. On pourrait y voir la garantie d’une liberté religieuse, mais ce serait oublier qu’il a clairement été établi qu’il ne peut s’agir que de l’Islam, seule religion acceptable.

3.27. Un aspect de la loi islamique.

Art. 19 – a) Les individus sont égaux devant la loi, tant le gouverneur que le gouverné. b) Le droit de recourir à la justice est assuré à tous les individus. c) La responsabilité est, dans son fondement, individuelle. d) Pas de crime et pas de peine sinon conformément aux normes de la Loi islamique. e) Tout accusé est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, à la suite d’un jugement équitable lui assurant toutes les garanties nécessaires à sa défense.

De nouveau le point central : Il s’agit de la seule loi islamique, rien d’autre.

3.28. Limites à la police

Art. 20 – Nul ne peut arrêter un individu, restreindre sa liberté, l’exiler ou lui infliger une peine sans raison légale. Nul ne peut l’exposer à la torture physique ou morale ou à tout autre traitement humiliant, brutal ou contraire à la dignité humaine. Il n’est pas non plus permis de soumettre un individu à des expériences médicales ou scientifiques, sauf consentement de sa part et à la condition de ne pas mettre sa santé ou sa vie en danger. Il n’est pas permis de promulguer des lois exceptionnelles qui permettent aux autorités exécutives de recourir à de tels traitements.

On croirait entendre Amnisty International. Puisse cet article être entendu par les combattants de l’Islam contemporains.

3.29. Halte aux enlèvements

Art. 21 – Il est interdit de prendre un individu en otage, sous quelque forme que ce soit et quel que soit le but poursuivi.

On peut penser que les djihadistes dont la prise d’otages est un business n’ont pas lu cet article.

3.30. Les subtilités de la pensée unique.

Art. 22 – a) Tout individu a le droit d’exprimer librement son opinion d’une manière non contraire aux principes de la Loi islamique.

Encore une façon de faire croire à une chose tout en exprimant son contraire. Ce n’est bien sur qu’une porte ouverte pour poursuivre les contestataires de la loi islamique.

b) Tout individu a le droit d’appeler au bien, d’ordonner le juste et d’interdire le mal conformément aux normes de la Loi islamique.

Encouragement à la délation concernant pour tout ce qui n’est pas conforme à la Loi islamique.

c) L’information est une nécessité vitale pour la société. Il est interdit de l’exploiter, d’en abuser ou de s’attaquer aux choses sacrées et à la dignité des Prophètes. Il est, de même, interdit de faire ce qui viole les valeurs éthiques, provoque la désintégration et la corruption de la société, lui porte préjudice, ou sape la croyance.

Etant donné toutes les restriction de cet article à la liberté de l’information, il ne reste que la prière 5 fois par jour et le silence. C’est une ligne de conduite pour les médias…

d) Est interdit l’appel à la haine nationale ou religieuse et tout ce qui constitue une incitation à toute forme de discrimination raciale.

La partition est la même mais s’adresse aux récalcitrants.

3.31.L’abus de pouvoir est interdit

Art. 23 – a) L’autorité est une responsabilité. Il est strictement interdit d’en abuser ou d’en faire un usage malveillant afin que les droits fondamentaux de l’homme soient garantis.

L’angélisme des dirigeants dans les états islamiques, et leur respect des règles, sont bien connus.

b) Tout individu a le droit de participer, directement ou indirectement, à l’administration des affaires publiques de son pays. Il a aussi le droit d’occuper des fonctions publiques conformément aux dispositions de la Loi islamique.

Une majorité de députés musulmans, en France, serait-elle conditionnée par l’application de la loi islamique ?

3.32. Seulement la Loi Islamique,

Art. 24 – Tous les droits et libertés énoncés dans ce document sont subordonnés aux dispositions de la Loi islamique.
Art. 25 – La Loi islamique est la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette Déclaration

Voilà c’est fini et avec ces deux derniers articles remercions les auteurs de nous faire comprendre qu’il était inutile de lire cette déclaration, déjà implicitement contenue dans la Loi Islamique. Ses interprétations pourront varier d’un pays musulman ou un autre, ou selon la majorité confessionelle sunnites chiittes par exemple.

Bref on l’aura compris cette Déclaration est de la poudre au yeux pour faire croire à un Islam – nouvelle religion moderne – capable d’ériger au dessus des états les droits et la dignité de l’homme comme l’a fait l’ONU en 1948. Dans la pratique ce n’est qu’un texte hagiographique de plus qui se rajoute au million de hadiths écrits depuis 700.

Mais il y a autre chose sur laquelle nous ne pouvons pas nous taire:

Sur le fond cette déclaration voudrait apparaître comme une déclaration de paix, poursuivant l’épanouissement de l’homme dans une vision musulmane angélique.

En réalité, c’est une déclaration de guerre non voilée au monde occidental par le rejet pur et simple de la déclaration de 1948 , afin d’imposer au monde une culture et des valeurs qui lui sont propres. Elles prônent un retour à la barbarie que nos ancêtres ont mis des siècles à juguler. !

Cette Déclaration est loin des commentateurs musulmans de cette même Déclaration qui annonçent dans l’Islam une religion de paix et de liberté. Vous trouverez ces commentaires sur la page de l’original des droits de l’homme en Islam.
Le perpétuel double langage islamique d’intentions angéliques par des mots gorgés de beau et de vertu, masque l’idéologie de soumission aux Maîtres de l’Islam vicaires d’un Dieu intouchable et farouche qu’ils connaissent bien.

Le choix de croire dans un Dieu que personne n’a jamais vu relève d’un acte de foi. Ce choix est protégé par le droit de la liberté de pensée garantie par la déclaration des droits de l’homme de 1948. Ici seul est garanti le choix musulman!

Cette déclaration des Droits de l’Homme en Islam confirme une volonté de soumettre le monde à une religion sectaire. Que les yeux voient et les oreilles entendent!

Nous ne pouvons que relever le gant. Il y va de notre liberté de penser, d’agir et d’aimer!

Les philosophes des lumières éteintes – avoir

ps. Nous suggérons de lire la déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU, au moins tout le préambule, pour apprécier pleinement la différence entre une œuvre universelle et une œuvre sectaire.

Lire l’originale des droits de l’homme en Islam

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