Déclaration des droits de l’homme en Islam – résumé

 

 

Comité de Salut Français

  • La Déclaration des Droits de l’Homme en Islam – (DDHI)1 -

Ce qu’il faut savoir

 

Face à l’importance croissante de l’Islam au cœur même des sociétés occidentales et laïques, on peut s’interroger sur un document capital concernant directement cette idéologie, mais peu connu en Occident.

Il s’agit de la «Déclaration des Droits de l’Homme en Islam» produite par l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), approuvée en 1990 par ses 57 états membres, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc et l’Arabie Saoudite, aux côtés de la Turquie.2

Elle se veut le pendant de la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » ratifiée par 47 pays membres de l’ONU en 1948, 8 pays s’étant alors abstenus dont l’Arabie Saoudite (en cause le refus de l’égalité Homme/Femme), les pays du bloc Soviétique et l’Afrique du Sud.

Une première question concerne la finalité de ce document : Pourquoi une telle Déclaration des états musulmans plus de quarante ans après la publication de celle de l’ONU qui se veut Universelle, et dont elle s’éloigne hélas radicalement ?

Au sortir de la 2ème guerre mondiale les membres de l’ONU, souhaitant conjurer le retour d’une barbarie qui avait tué des millions d’hommes, ont mis à profit les conditions géopolitiques du moment pour obtenir un consensus sur un idéal « au-dessus » de tous les pays et de toutes les idéologies. Ils adoptèrent alors une « Déclaration Universelle » qui offrait un cadre humaniste aux politiques nationales et aux relations internationales de l’avenir.

Cependant, une telle Déclaration est inacceptable pour les responsables islamiques, pour trois raisons essentielles:

  1. Elle se situe dans un cadre humaniste reflétant une philosophie occidentale riche de la multiplicité de la pensée, dont la laïcité. De plus cet humanisme est incompatible avec le dogmatisme et la pensée unique islamique selon laquelle seul Allah régit le monde et seul l’Islam est son vicaire ici-bas.

  2. Elle ouvre la voie à une remise en question d’un certain nombre de dogmes et de hadiths, spécifiés directement ou non dans le Coran, dont l’application aveugle conditionne l’existence même de la gestion politique de l’Islam et de la religion islamique.

  3. Elle met en exergue l’Homme libre et maître de son destin. Sans être une Loi, elle a cependant des répercussions implicites et immédiates dans les juridictions nationales et internationales, en particulier à la Cour Internationale de Justice de la Haye .

Si en 1948 l’Islam n’avait pas les moyens de bloquer ce qui pour lui constituait une menace, la donne géopolitique change à partir des années 70 : à la guerre larvée entre l’Occident et le Bloc Communiste s’ajoutent la pluie de pétrodollars et la reprise en main par des mouvements islamiques de plusieurs états du Moyen Orient en suite à la décolonisation pour les uns ou de l’expulsion de quelques autocrates en conflit avec la hiérarchie islamique pour les autres.

Les imams voient dans ces changements la main d’Allah et se jugent alors assez forts pour remettre en question les valeurs occidentales et contester les choix humanistes d’empreinte laïque, conçus dans la droite ligne du Siècle des Lumières lui-même issu d’une longue tradition judéo-chrétienne.

En surface, la « Déclaration des Droits de l’Homme en Islam » se lit facilement, ce qui est plutôt rare dans la littérature islamique. Il ne faut cependant pas oublier qu’elle fut élaborée par des maîtres de la Tekkiya (pour un musulman, le droit de mentir ou de ruser dans le but de faire avancer la cause de l’Islam). Elle est donc semée de pièges pour un non-initié.

L’ambition de ces lignes est d’apporter quelques éclaircissements et d’aider à percer quelque peu l’opacité d’une dialectique islamique. On trouvera sur http://martelentete.net/?page_id=429 l’intégrale de ces explications brièvement résumées ci-après dans trois clés qui définissent sans ambages ce que l’Islam veut appliquer à l’ensemble du monde :

Clé 1 : Une vision du monde qui nie les réalités scientifiques.

On y lit en effet:

« Art. 1 – a) Tous les êtres humains forment une famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu, et par le fait qu’ils descendent d’Adam. Tous les hommes sont égaux dans la dignité humaine, dans l’accomplissement des devoirs et des responsabilités, sans aucune discrimination de race, de couleur, de langue, de sexe, de religion, d’appartenance politique, de statut social ou de toute autre considération. La vraie foi garantit l’accroissement de cette dignité  sur le chemin de la perfection humaine.»

Balayés Darwin et autres scientifiques ! Le mythe d’Adam apporte à la pensée islamique le confort d’être directement issue d’Adam, donc d’être unique. Ceci relève d’un acharnement théologique stupéfiant dans un texte qui se veut moderne!

Le début de la phrase exprime une des théories fondatrices de l’Islam: Tous les êtres humains forment une famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu.

Les « membres soumis à Dieu», est une des définitions des Musulmans, tout comme « les Croyants etc… ».

En clair, le texte devient alors : Tous les êtres humains forment une famille dont tous les membres sont… musulmans. Ainsi Adam, comme tout être humain était musulman, mais, comme M. Jourdain, il ne le savait pas. Pour l’Islam, Dieu a créé à l’origine un monde totalement musulman mais une partie de ce monde a rejeté cette unité d’où sa division en deux: les croyants et les non croyants (mécréants).

Ce théorème d’une humanité musulmane dès l’origine ne doit jamais être perdu de vue si l’on cherche à comprendre l’Islam et ses visées, en particulier celle de mettre fin à cette division.

Son corollaire est donc que “Tous les hommes sont égaux”… Ce qui est normal puisque tous sont musulmans. En conséquence ce texte enferme les valeurs Onusiennes dans la “burqa” musulmane: dans la dignité humaine, dans l’accomplissement des devoirs et des responsabilités, sans aucune discrimination de race, de couleur, de langue, de sexe, de religion, d’appartenance politique, de statut social ou de toute autre considération.

Mais pour diminuer les risques d’une dérive contestataire, les auteurs rajoutent, en fin de phrase, un cadenas qui verrouille tout le préambule: La vraie foi garantit l’accroissement de cette dignité sur le chemin de la perfection humaine.

Accroissement de la dignité et de la perfection humaine, beau programme. Mais après cette phrase apparemment sympathique aux oreilles d’un humaniste, l’objectif réel des auteurs réapparaît avec la «vraie foi» en omettant de la définir : Pourquoi attirer l’attention d’un esprit sur l’escamotage de ce texte alors qu’un vrai musulman n’hésitera pas à y voir la seule foi islamique. En outre le non-croyant, n’est pas concerné puisque la recherche de la perfection est réservée aux seuls croyants.

Clé 2. Partout où il est majoritaire l’Islam doit imposer la Loi Islamique – La Charia, afin de créer une seule communauté islamique – l’Oumma

Cet extrait du Préambule est clair :

« Réaffirmant le rôle civilisateur et historique de la Communauté islamique (oumma), la meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l’humanité une civilisation universelle équilibrée, alliant la vie présente à l’au-delà, et à la connaissance à la foi, et réaffirmant le rôle espéré que cette communauté devrait jouer aujourd’hui pour guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste,… »,

Confirmé par les deux derniers articles de la Déclaration :

Article 24 – «Tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis à la charia islamique.”

Art. 25 – « La Loi islamique est la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette Déclaration »

Cet objectif collectif vise un retour à la perfection de l’origine de la Création qu’Allah a voulu musulmane, mais dont les athées et autres juifs et chrétiens en ont perturbé le bel ordonnancement originel. Étant donné que les articles 24 et 25 concluent la Déclaration, on peut se demander pourquoi l’avoir écrite et ratifiée puisque tout ce qu’elle énonce est soumis à la Charia et à la Loi Islamique ! Le Coran et les Hadiths auraient suffi.

Clé 3: Une seule religion pour tous et les subtilités de la pensée unique.

La première phrase du Préambule de cette déclaration est sans ambiguïté :

La 19ème Conférence des Ministres des Affaires Étrangères de l’Organisation de la Conférence islamique, Consciente du statut de l’homme dans l’Islam en tant que vicaire de Dieu sur terre,

Vicaire de Dieu – L’homme ou l’Islam ? L’expression laisse planer un doute qui n’est probablement pas anodin. Cette phrase qui donne à l’homme dans l’islam la mission de Vicaire de Dieu, omet « simplement » de mentionner les non musulmans. Juifs et Chrétiens, Bouddhistes, Hindous, Taoïstes, etc…en sont donc exclus. C’est du sectarisme et on comprend mieux l’absence du terme « Universel » dans cette Déclaration. L’article 10 confirme cette vision

Art. 10 - L’Islam est la religion naturelle de l’homme. Il n’est pas permis de soumettre ce dernier à une quelconque forme de pression ou de profiter de sa pauvreté ou de son ignorance pour le convertir à une autre religion ou à l’athéisme.

Interdiction de toute forme de pression pour convertir un musulman à une autre religion, pression qui peut être physique mais aussi verbale ou écrite, donc pas de liberté religieuse.

L’article sur la liberté d’expression est d’une même mouture :

Art. 22 – a) Tout individu a le droit d’exprimer librement son opinion d’une manière non contraire aux principes de la Loi islamique.

Les contestataires éventuels sont avertis.

b) Tout individu a le droit d’appeler au bien, d’ordonner le juste et d’interdire le mal conformément aux normes de la Loi islamique.

Un évident encouragement à la délation concernant tout ce qui n’est pas conforme à la Loi islamique !!!

c) L’information est une nécessité vitale pour la société. Il est interdit de l’exploiter, d’en abuser ou de s’attaquer aux choses sacrées et à la dignité des Prophètes. Il est, de même, interdit de faire ce qui viole les valeurs éthiques, provoque la désintégration et la corruption de la société, lui porte préjudice, ou sape la croyance.

Enfin, étant donné toutes les restrictions de cet article à la liberté de l’information, il ne reste aux à la presse que la prière 5 fois par jour et le silence. Après tout c’est une ligne de conduite pour les médias…

En conclusion

Il est douteux que cette Déclaration remplisse son objectif de présenter l’Islam comme une nouvelle religion capable d’ériger au-dessus des États les droits et la dignité de l’homme musulman, en prétendant dépoussiérer en quelque sorte le texte des Nations Unies de 1948. Dans la pratique ce n’est qu’un texte hagiographique de plus qui se rajoute aux milliers de hadiths écrits depuis 700.

Dans sa forme, cette déclaration voudrait apparaître comme une déclaration de paix poursuivant l’épanouissement de l’homme dans une vision musulmane angélique : On sait depuis la « Pax Romana » que chaque conquérant a toujours voulu la Paix, mais la sienne.

En réalité, c’est une déclaration de guerre non voilée au monde occidental par le rejet pur et simple de la Déclaration de 1948, afin d’imposer au monde une culture et des valeurs qui ne sont propres qu’à l’Islam. Elle prône simplement le retour à un obscurantisme que nos ancêtres ont mis des siècles à juguler. !

Le choix de croire ou pas en un Dieu relève d’un acte de foi. Ce choix est protégé par la liberté de pensée, garantie par la Déclaration Universelle de 1948. La Déclaration islamique, elle, remet en cause cette garantie : on est ou on doit être Musulman, c’est tout, pas d’autre choix.

Cette déclaration des Droits de l’Homme en Islam confirme la volonté islamiste de soumettre le monde à l’obscurantisme d’une religion sectaire. Il s’agit là d’une nécessité vitale pour l’Islam :

En effet enfermé dans le carcan dogmatique du Coran, le monde musulman n’a pas pu suivre l’évolution sociale et technologique de l’Occident et a accumulé des retards souvent insurmontables. Le choix pour l’Islam est donc soit d’adapter le Coran et les règles de son application – chose impossible puisqu’il s’agit de la parole de Dieu – soit d’assujettir les mécréants afin de mieux contrôler l’évolution du monde et mettre à profit leur savoir faire.

Laisserons-nous s’éteindre les Lumières des philosophes ?

Nous vous suggérons de lire la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, tout au moins son préambule, pour apprécier pleinement la différence entre une œuvre universelle et une œuvre sectaire.

Comité de Salut Français

Septembre 2013

1 (Declaration on Human rights in Islam- english version available : http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=s/21797)

2 In Abdurrahman Al-Sheha« Les Droits de l’Homme en Islam : Halte aux Préjugés ! »Publié par le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh) ,islamhouse.com

 

 

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